Flatness

Flatness est une performance audiovisuelle en forme de dyptique qui dure environ 40 minutes. Deux volets, dont le premier est composé, chorégraphié. Et le second improvisé. Flatness se passe, sur scène, entre deux sujets qui se regardent, pensent et élaborent les moyens de se compléter l’un l’autre ou sans l’autre. Un danseur butoh et un musicien.

    Notre projet est né de la rencontre entre un corps butoh, une musique minimaliste et une ligne noire sur un écran blanc. La musique a eu un rôle secondaire dans l’histoire du butoh si on compare au rôle de la littérature ou de la peinture. Dans ce contexte, c’est l’écran de projection et la ligne noire qui ont le plus influencé les mouvements corporels, la musique électronique, basée sur des percussions et inspirée par une ancienne performance de butoh, a eu un rôle de repère pour le changement des tableaux constituant la chorégraphie et la création d’une atmosphère non spécifique pour l’induction des états du corps.

La musique ayant une influence sur la ligne, il était frustrant que le corps en mouvement, inévitablement bruyant, ne puisse en avoir aucune. Il ne s’agissait plus d’amplifier seulement les bruits du corps (battements cardiaques, le souffle ou le zapateado du malambo) en les projetant dans l’espace, mais de les transformer par l’appareillage informatique pour improviser une musique dans l’immédiateté. Et du côté corps, corps butoh, fragmenté, objectivé, il s’agit de produire des sons par la danse des membranes internes (le palais buccal, le diaphragme et le plancher pelvien) qui prennent la succession de la membrane peau utilisée dans la première partie de la performance.

Nous aboutissons ainsi à un espace de performance fait de transformations du son et du corps. Dans la danse butoh, on cherche la transformation du corps par des états de conscience altérés (effacement de l’ego, porosité entre l’intérieur du corps el le monde…).

Notre première motivation est dans la recherche d’une multiplicité de plans sur lesquels les sons et le langage métaphorique du butoh, se distribuent. D’une musique-son et de ses attributs physiques projetés visuellement dans leur contribution à l’effacement de l’individualité propre au butoh.

Notre deuxième motivation découle de la présence du musicien et du danseur sur le plateau. Nous partageons la durée et la simultanéité de l’exécution, la danse et la musique son composées simultanément, mais la confrontation et la combinaison constituent la texture de la performance. C’est de la chair de celui qui danse que le musicien fait naître la musique, que va-t-il chercher en la travestissant ? Et quel rôle a le corps sonore du danseur dans le jeu gestuel du musicien sur scène à travers les manipulations gestuelles de l’interface ? Nous nous interrogeons aussi sur l’art du collage musical et corporel pour l’expressivité dans les musiques électroniques parfois, trop souvent, jugées désincarnées.

J. Mario Horenstein
Butoh Dancer
nadir B.
Musician
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